Cas concret d’industrialisation web : SitesPE

Cas concret d’industrialisation web : SitesPE

J’ai présenté lors d’une conférence ma méthode d’industrialisation Bulldozer, avec un exemple concret : la création de dizaines de sites de PBN avec WordPress (une prestation que je propose à un prix défiant toute concurrence 😉 )

Aujourd’hui, je vais vous présenter un autre exemple concret d’industrialisation, sur un type de projet web personnel, complètement différent.

SitesPE, un site éducatif

SitesPE est un site dont l’objectif est d’aider les professeurs des écoles et les parents d’élèves à trouver des ressources éducatives gratuites et accessibles sans inscription.

Il est constitué de deux parties principales: 

La partie annuaire est la plus intéressante pour les internautes car les résultats proposés sont extrêmement pertinents (lisez cet article pour en savoir plus sur l’évaluation de la pertinence des pages de résultats).

Voici un exemple de page d’annuaire, il s’agit de celle dédiée aux “Invasion barbares” pour les CM1 :

Voir la page ici

Pour obtenir ce niveau de qualité, il y a pas de secret : c’est un travail 100% “artisanal”. Les liens sont sélectionnés, saisis et positionnés un par un par Magalie. Elle réalise ce travail une dizaine d’heures par semaine avec sérieux et amour. Vu que Magalie est une ancienne professeur des écoles, elle dispose d’une véritable expertise et peut déterminer qu’elles sont les pages susceptibles d’intéresser le plus les internautes.

En fait, on est assez fier du résultat 🙂

Souci : la tâche est titanesque

En effet, pour que l’annuaire soit complet, il faudrait ajouter au moins 10.000 liens. Aujourd’hui, Magalie parvient à en saisir environ 1 tous les 15 minutes. Sachant qu’elle ne dispose que d’une dizaine d’heures par semaine sur ce projet, il lui faudrait au moins 5 ans pour en venir à bout !

Autre souci : les liens “meurent” au fil du temps, il faut donc recommencer continuellement le travail.

Bref, si on veut que ce site soit terminé un jour, il va falloir trouver des solutions pour accélérer la cadence.

Solution 1 : recruter une équipe d’experts

Une possibilité consisterait à recruter une équipe de professeurs des écoles pour réaliser ce travail. Ce serait sûrement une “belle aventure humaine”, avec des personnes sympathiques et motivées pour réaliser un beau projet éducatif. Hélas, ça coûterait beaucoup trop cher. Il faut savoir que, comme trop souvent dans le domaine éducatif, SitesPE n’est pas un projet super rentable…

Embaucher une équipe de spécialistes serait un investissement beaucoup trop lourd pour être tenable à long terme.

Solution 2 : industrialiser l’ajout des liens

Une autre solution consiste à augmenter la productivité de Magalie en industrialisant son travail.

Attention !

Augmenter la productivité signifie : “Faire pareil avec moins”

Ce qui est tout à fait différent de “Faire plus mais moins bien”.

L’objectif est donc de réduire le temps nécessaire pour ajouter de nouveaux liens, tout en conservant la qualité actuelle. Pour parvenir à ce résultat, je vais appliquer la méthode Bulldozer.

La méthode préconise d’abord de diviser le travail en tâches plus petites. On peut facilement en détecter 4 principales.

  1. Rechercher des pages : il s’agit de trouver des pages sur internet qui traite de la matière et du niveau (par exemple “multiplication – CE2”).
  2. Trier les pages : il s’agit de décider si, oui ou non, la page doit figurer dans SitesPE.
  3. Créer un lien vers la page : un lien est constitué de l’URL, d’un titre et d’une petite description, il faut saisir ces informations.
  4. Mettre une note au lien : ce qui permettra de trier les liens par pertinence.

Maintenant que le travail global est divisé en tâches plus petites, on peut facilement constater que le niveau d’expertise requis pour réaliser ces tâches est très variable :

  • La tâche 1, “Rechercher des pages”, peut-être réalisé automatiquement par un moteur de recherche.
  • La tâche 2, “Trier les pages”, peut-être réalisé par une personne ayant juste le brevet des collèges, avec à peine une heure de formation. En effet, il suffit de s’assurer que la page :
    • parle bien de la matière et du niveau indiqué.
    • est accessible gratuitement et sans inscription.
    • contient quelques informations intéressantes pour les internautes.
  • La tâche 3 “Créer un lien vers la page” peut-être réalisée par un rédacteur non-spécialiste, vu qu’il faut juste saisir un titre et une description.
  • Finalement seule la tâche 4, “Mettre une note à un lien”, requiert réellement de l’expertise car il est primordial que les meilleurs liens soient placés dans les premières positions.

Dans ce schéma, on a donc besoin de trois types de travailleurs :

  • des “trieurs de pages”
  • des “rédacteurs de liens”
  • des “noteurs de liens”.

Avec cette organisation, on obtient un résultat similaire ayant le même niveau de qualité avec beaucoup moins d’expertise (et donc beaucoup moins d’argent).

Je vais donc mettre en place une chaîne de production dans laquelle chaque personne aura une interface dédiée pour réaliser sa partie du travail.

Création d’interfaces simples

Dans la version actuelle, une personne qui travaille sur l’annuaire de SitesPE dispose d’une interface qui lui permet de modifier chaque élément de l’annuaire. C’est une interface complexe, qui nécessite une bonne formation pour être utilisée correctement et éviter de détruire des données accidentellement.

Cette interface n’est pas du tout adaptée à une chaîne de production dans laquelle chacun à une petite tâche à réaliser. Je vais donc développer 3 interfaces spécifiques :

  • Une pour “les trieurs de pages”
  • Une pour “les rédacteurs de liens”
  • Une pour “les noteurs de liens”

Interface des “trieurs de pages”

Voici une maquette de l’interface pour les “trieurs de pages” :

Elle est constituée de : 

  1. La matière et le niveau concerné
  2. La page à juger
  3. Un bouton “Page valide”
  4. Un bouton “Page non valide”

Rien de plus.

Avec cette interface, j’estime qu’un “trieur de pages” devrait pouvoir trier plusieurs pages par minute.

Interface des “rédacteurs de liens”

Voici une maquette de l’interface pour les “rédacteurs de liens” :

Elle est constitué de :

  1. La matière et le niveau concerné.
  2. La page à décrire.
  3. Un champ de saisie pour le titre du lien et un champ de saisie pour la description de la page.
  4. Un bouton de validation.  

Rien de plus.

Avec cette interface, j’estime qu’un “rédacteur de lien” devrait pouvoir créer 1 lien en 2 minutes.

Maquette de l’interface pour les “noteurs de liens”

Elle est constitué :

  • Du titre et de la description de la page.
  • De la page à noter
  • Un champs de saisie pour la note, entre 0 et 20.
  • Un bouton “Ok”, pour enregistrer la note.

Avec cette interface, j’estime qu’un “noteur de lien” devrait pouvoir noter 1 lien en 2 minutes.

Conclusion

La méthode “artisanale”, utilisée actuellement pour ajouter des liens, fonctionne très bien mais la productivité est trop faible.

Il est possible d’augmenter nettement la productivité, tout en baissant les coûts en divisant le travail en tâches plus petites, effectuées par différentes personnes.

Il faudra alors développer des interfaces spécifiques pour chaque type de tâche.

Il faut absolument que les interfaces soient le plus simples possible car cela permet :

  • de réduire le temps de formation.
  • d’être le plus efficace possible.
  • de limiter les erreurs humaines.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser en commentaire 🙂

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