Tous les sites ne sont pas égaux sur Google (2/5)
Cet article est le deuxième d’une série de 5 articles :
« La marque et les processus, la dernière frontière du SEO (sans bullshit) ».
Dans l’article précédent, je vous ai parlé du problème fondamental du SEO aujourd’hui : si votre moteur (le business) est mal monté, l’essence (le SEO) ne servira qu’à mettre le feu à la voiture.
Maintenant, supposons que vous ayez fait le job : votre business est propre et vos processus sont bien huilés. Ce n’est peut-être pas parfait, mais tout tourne suffisamment pour encaisser des pics de commandes sans stress. Vous êtes devenu un « systémicien« , bravo 👏
Vous démarrez alors le travail SEO sérieux : vous optimisez vos pages, obtenez des backlinks…
Tout est impeccable, c’est du grand art 👍
Et là… c’est la douche froide.
Vous voyez des géants squatter la première page sur vos mots-clés (des Décathlon, des Amazon, des Leroy Merlin…). Certains ont des pages web médiocres, des textes de trois lignes et un temps de chargement digne d’un déambulateur.
C’est injuste ? Oui.
C’est la réalité de l’asymétrie de distribution.
Pourquoi Google préfère les « Gros »?
Le web n’est pas une méritocratie du meilleur contenu. C’est un rapport de force entre des entités.
Google ne classe plus des pages web : il classe des garanties de satisfaction. Son objectif n’est pas de récompenser le meilleur contenu, mais de minimiser le risque de décevoir son utilisateur.
Quand un internaute tape « chaussures de rando », Google sait qu’en l’envoyant chez Décathlon, le problème est réglé à 99 %. Décathlon a plus de 300 magasins en France, un SAV béton, des stocks massifs et une réputation qui dépasse largement le cadre d’un algorithme.
Google accorde à ces géants un crédit de confiance démesuré. Ils ont le droit à l’erreur. Ils peuvent avoir un site mal optimisé, Google les gardera en haut parce qu’ils sont une « solution sûre ».
Vous, le petit, vous n’êtes qu’une promesse. Et tant que vous n’êtes qu’une promesse, vous devez être 10 fois meilleur qu’eux juste pour espérer être sur la même photo. C’est rageant, mais râler sur l’injustice de l’algorithme est une perte de temps. Il faut comprendre comment utiliser cette asymétrie à votre avantage.
Le poids de l’entité contre la légèreté du contenu
L’erreur classique, c’est de croire qu’on va battre un géant avec une meilleure optimisation SEO. Vous pouvez rédiger le meilleur guide du monde sur « comment choisir son marteau », si Leroy Merlin a décidé de se positionner dessus, il passera devant avec une fiche produit vide.
Pourquoi ? Parce que Leroy Merlin possède la distribution. La distribution, c’est le processus poussé à l’échelle industrielle. Google favorise ceux qui maîtrisent la chaîne de bout en bout. Si vous n’avez pas le processus de distribution qui rend votre marque incontournable dans votre domaine, alors vous resterez un simple producteur de contenu. Google vous utilisera seulement pour remplir la page 8 de sa SERP et nourrir son IA.
Je n’attaque pas les requêtes sur lesquelles les géants sont positionnés
Personnellement, je n’ai jamais cherché à positionner l’un de mes sites personnels face à des acteurs comme Decathlon ou Leroy Merlin. Non pas parce que je ne sais pas le faire, mais parce que, après des années d’observation, j’ai compris que ce combat est perdu d’avance.
J’ai plus intérêt à investir mes ressources sur des mots-clés sur lesquels mon business se distingue nettement.
J’ai vu trop de sites perdre des mois (parfois des années) à essayer d’être meilleurs sur le contenu et le netlinking face aux géants. Le problème n’était pas le SEO, mais l’entité.
Comment gagner quand on est petit ?
Le géant est puissant, mais il est lent et impersonnel. Son asymétrie est aussi sa faiblesse.
Pour gagner, il faut arrêter de vouloir être un « Petit Leroy Merlin ». Vous devez devenir le Roi dans votre spécialité.
- La spécialisation radicale : Leroy Merlin vend des « outils ». Vous, vous vendez « la roulette de remplacement pour le chariot référence X de la marque Y » (cf l’article précédent). Le géant est trop gros pour être aussi précis. Dans cette micro-niche, l’asymétrie s’inverse : c’est vous qui détenez le maximum d’autorité.
- L’industrialisation de l’expertise : Vos processus ne doivent pas seulement servir à expédier des colis, ils doivent servir à créer des preuves d’autorité. Vos guides de choix, votre SAV ultra-spécialisé, votre capacité à répondre à un besoin pointu… chaque expérience positive construit votre marque.
- Le SEO comme « Ticket d’entrée » : Dans ce contexte, le netlinking (les liens que vous achetez sur Bulldoz, par exemple) ne sert pas à « gruger » l’agorithme. Il sert à prouver à Google que votre entité existe et qu’elle est validée par d’autres sites. C’est votre passeport pour entrer dans la cour des grands.
Conclusion : choisissez bien votre champ de bataille
L’asymétrie est déprimante si vous essayez de monter sur un ring face à un poids lourd. Elle devient une opportunité si vous comprenez que Google cherche désespérément des experts pour compenser la médiocrité industrielle des géants.
Le but n’est pas d’avoir le plus gros site, mais d’avoir le système le plus robuste sur le terrain le plus précis.
Dans le prochain article, nous verrons comment transformer votre système en une Marque que Google ne pourra plus ignorer. On va voir comment passer du statut de « site qui fait du SEO » à celui de « business que les gens cherchent par son nom ».
Et là, c’est vous qui profiterez de l’asymétrie 🙂
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J’ai discuté en profondeur du SEO, du business et de la marque avec Elliot Bobiet, toujours sans bullshit 😉
On y parle de ce que le SEO ne compensera jamais quand le système derrière est fragile. Si ce sujet vous intéresse, je vous invite à découvrir l’interview :